GUYANE

La France a fondé en Guyane, dans le nord-est de l'Amérique du Sud, entre les fleuves Maroni et Oyapock, l'une des plus anciennes et des plus stables de ses colonies. Établie en 1643, elle est devenue un département français d'outre-mer (DOM) en 1946, puis un département-région d'outre-mer (DOM-ROM) en 2003. Ses 84 000 kilomètres carrés en font le plus grand département français ; c'est également celui qui possède la plus longue frontière terrestre (1 250 km) et la plus vaste commune (Maripasoula, 18 736 km2). La population guyanaise, estimée à 295 000 habitants en 2022 est, à l'inverse, la moins importante et la moins dense du territoire français (3,5 hab./ km2), mais elle est issue d'une croissance récente et brutale.


			Guyane [France] : carte administrative
		 - crédits : Encyclopædia Universalis France

Guyane [France] : carte administrative

Ces caractéristiques font de la Guyane une entité paradoxale et contradictoire dont la situation, le milieu et la culture forment un espace qui est plus représentatif des Guyanes côtières (Guyana, Suriname, Guyane française), la seule partie non latine de l'Amérique du Sud, que de la France métropolitaine à laquelle elle apporte un parfum de grands espaces, de promesses et de désillusions.

Étonnante longévité de cette possession française outre-mer

La Guyane constitue, sur le plan maritime, un verrou commercial et stratégique essentiel, au cœur de l'océan Atlantique, et la ville de Kourou peut se vanter d'être le « spatioport de l'Europe ».

La France ne possède aujourd'hui que 4,5 % du bouclier guyanais, circonscrit par les fleuves Orénoque, río Negro et Amazone, alors qu'elle en revendiquait, jusqu'en 1900, près de 25 %.

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Le décalage entre les prétentions françaises et l'occupation effective très limitée du territoire s'explique par les épisodes historiques de son extension officielle. Connus surtout pour leurs échecs cuisants et répétés en matière de colonisation (expéditions de La Ravardière en 1604, Jessé de Forest en 1623-1624, Poncet de Brétigny en 1643-1645, Royville en 1653, Choiseul en 1763), les Français furent souvent évincés sur la côte par les Hollandais (1657, puis 1676), les Britanniques (1667) ou les Portugais (1809-1817). Ces phases correspondirent à des périodes d'ouverture économique et de développement de la région. Le traité d'Utrecht, en 1713, limitait la présence française, à l'est, à la rivière de l'Oyapock qu'on ne s'efforça guère de retrouver sur le terrain avant le rush aurifère de 1898. Le différend franco-brésilien portait alors sur 260 000 kilomètres carrés, du río Negro au Maroni, et fut tranché en 1900 en faveur du Brésil.

La Guyane est avant tout le nom d'un rêve : Eldorado. Le « très riche royaume de Manoa », au bord du lac Parime, ne fut jamais trouvé malgré les nombreuses expéditions menées tout au long du xvie siècle. Mais l'or, les diamants, le fer, la bauxite, l'eau, le bois, la diversité culturelle et biologique constituent des trésors qui attestent de l'honnêteté de la description faite par l'explorateur britannique Walter Raleigh en 1596. La Guyane est également associée aux conditions sinistres et inhumaines du bagne. Après l'abolition de l'esclavage en 1848, le gouvernement du second Empire pensa résoudre le problème de la main-d'œuvre en établissant, en 1852, une colonie pénale. On estime que 70 000 personnes, autant les condamnés de droit commun que les déportés politiques (le capitaine Dreyfus fut interné à l'île du Diable entre 1895 et 1899), furent envoyées dans des établissements pénitenciers à Cayenne, à Saint-Laurent-du-Maroni et sur l'Opayock, ternissant ainsi pendant plus d'un siècle l'image de la colonie.

Le département français tire toutes les caractéristiques physiques du bouclier des Guyanes auquel il appartient. L'érosion chimique est intense, sous des[...]

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Écrit par

  • : maître de conférences en géographie à l'université de Paris-X-Nanterre

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			Guyane [France] : carte administrative
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Guyane [France] : carte administrative

Centre spatial guyanais - crédits : Arianespace/ CSG Service Optique, 2006/ ESA/ CNES

Centre spatial guyanais

Autres références

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