ESPAGNE (Le territoire et les hommes) Le retour à la démocratie

Nom officiel Royaume d'Espagne
Chef de l'État Le roi Felipe VI - depuis le 19 juin 2014
Chef du gouvernement Pedro Sánchez - depuis le 2 juin 2018
Capitale Madrid
Langue officielle Castillan (espagnol) (Toutes les autres langues espagnoles, notamment le basque, le catalan et le galicien, ont également un caractère officiel dans les communautés autonomes correspondantes.)

30-31 juillet 2026 Espagne - Maroc - Union européenne. Afflux de migrants dans l'enclave de Ceuta.

Les 30 et 31, des dizaines de milliers de personnes venues du Maroc entrent illégalement dans l'enclave espagnole de Ceuta, située au nord du Maroc.

Le 31, le président de la ville autonome de Ceuta, Juan Vivas, déclare [...]

14 avril 2026 Espagne. Régularisation massive de personnes sans papiers.

Le Conseil des ministres approuve un décret royal qui lance le processus de régularisation administrative extraordinaire de migrants résidant dans le pays. Ce plan permet aux personnes étrangères sans papiers qui étaient [...]

17 juin 2025 Espagne. Rapport sur la panne géante d'électricité

La ministre de la Transition écologique Sara Aagesen déclare que la coupure d’électricité qui a touché la majeure partie de la péninsule Ibérique fin avril a été causée par « un phénomène de surtensions » en chaîne. Le rapport [...]

28-29 avril 2025 Espagne - Portugal. Coupure d'électricité d'ampleur.

Le 28, la majeure partie de l'Espagne et du Portugal est touchée par une coupure d'électricité à partir du milieu de journée, selon les gestionnaires des réseaux de transport d'électricité des deux pays. Des foyers sont également [...]

19 novembre 2024 Espagne. Adoption d'une réforme visant à faciliter les régularisations.

Le gouvernement adopte une réforme réglementaire visant à faciliter la régularisation des migrants. Il ambitionne de régulariser ainsi 300 000 personnes par an pendant trois ans. L’Espagne a besoin de « 250 000 à 300 000 [...]

29 octobre-3 novembre 2024 Espagne. Inondations meurtrières dans la région de Valence.

Le 29, des inondations provoquées par des pluies diluviennes touchent l'est de l’Espagne, provoquant la mort de plusieurs dizaines de personnes, la plupart dans la province de Valence.

Le 31, le bilan des inondations [...]

2-14 septembre 2024 Venezuela - Espagne. Tensions diplomatiques après l'exil d'un opposant vénézuélien en Espagne.

Le 2, la justice vénézuélienne émet un mandat d’arrêt pour « usurpation de fonctions » et « incitation à la désobéissance aux lois » contre Edmundo González, le candidat de l’opposition qui revendique la victoire à l’élection [...]

1er juillet 2024 Espagne. Refus d'amnistie pour l'indépendantiste Carles Puigdemont.

Le Tribunal suprême espagnol, la plus haute instance judiciaire du pays, refuse d’amnistier l’indépendantiste catalan Carles Puigdemont, en exil depuis le vote par le Parlement catalan d'une déclaration d’indépendance de [...]

30 mai 2024 Espagne. Adoption d'une loi d'amnistie pour la Catalogne.

Les députés espagnols adoptent définitivement par 177 voix contre 172 un texte de loi d’amnistie pour les indépendantistes catalans. En vertu de ce texte, l’amnistie sera prononcée pour les personnes poursuivies dans le cadre [...]

21 mai 2024 Espagne - Argentine. Tension diplomatique entre Madrid et Buenos Aires.

L’Espagne retire « définitivement » son ambassadrice d’Argentine, en réaction à un discours prononcé par le président argentin Javier Milei. Lors de la convention « Europa Viva 24 », organisée deux jours plus tôt à Madrid [...]

Espagne : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

Espagne : drapeau

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Depuis les années 1970, l'Espagne a enregistré presque simultanément les trois « révolutions » – industrielle, socioculturelle puis démocratique – que la plupart des pays voisins ont affrontées de façon successive et sur près d'un siècle. De surcroît, il lui a fallu se réinventer un destin national et un État accepté de tous ses habitants. C'est dire que les défis devant lesquels les Espagnols se sont trouvés placés dépassaient le seul problème de l'aménagement d'un régime représentatif viable après trente-neuf années de dictature, et que les résultats obtenus dans ce domaine depuis la mort du général Franco n'en sont que plus remarquables, en dépit des lacunes que l'on relève encore.

L'Espagne rattrape l'Europe

L'image n'est pas fausse, d'une Espagne qui rattrape presque d'un coup tous les « trains » qu'elle avait manqués depuis le xviie siècle, qui passe en peu de temps, sur le plan matériel, d'un rang qui ne dépassait guère celui de la Turquie – vers 1950 – à celui de puissance industrielle de moyenne importance, en passe d'égaler la Grande-Bretagne dans la décennie de 1980. Reste qu'il faut cerner la nature et le revers de cette croissance, et en apprécier aussi l'impact socioculturel ambigu.

La croissance économique et son revers

Le bouleversement industriel de la fin de l'ère franquiste s'est traduit par l'accès de la majorité des Espagnols à ce qu'il est convenu d'appeler la consommation de masse. À cet égard, aucun indice n'apparaît plus significatif que celui de l'évolution de la distribution de la population active, en particulier de la régression spectaculaire de la part des travailleurs agricoles.

Mais le fait que l'Espagne rassemble, dès les années 1960, infiniment plus d'ouvriers, d'employés et de cadres que de paysans ne doit pas masquer les difficultés de ce changement, quand bien même il la fait entrer de manière irréversible dans la modernité. En un sens, la rapidité et la nature du développement espagnol ont accru la vulnérabilité du pays aux aléas de la conjoncture et aux soubresauts causés par la division internationale du travail. D'un côté, l'industrialisation de l'Espagne s'est accompagnée, pendant ses années fastes, d'un recours systématique à l'émigration de l'excédent de main-d'œuvre agricole. D'un autre côté, elle s'est trop fondée sur les facilités offertes par les investissements étrangers ou les emprunts sur le marché des capitaux extérieurs, ainsi que sur l'utilisation massive de licences de fabrication. Cette stratégie permettait de faire vite et de surmonter le handicap financier et technique des entrepreneurs nationaux. Mais elle comportait, d'abord, l'inconvénient de masquer artificiellement le sous-emploi. Elle entraînait, ensuite, le gonflement d'une dette externe qui atteint 21 milliards de dollars en 1982 (auxquels s'ajoutent les 6 milliards de la dette de l'État). Enfin et surtout, elle plaçait l'industrie espagnole sous l'étroite dépendance des firmes multinationales, françaises et italiennes puis américaines.

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Si le fait n'est pas négatif en lui-même, et s'il explique pour beaucoup l'essor du début des années 1970, il s'intègre toutefois, pour les firmes étrangères, dans une politique inspirée de la théorie dite des avantages comparatifs. Avantages que l'Espagne se trouve en passe de perdre devant la concurrence des nouveaux acteurs industriels d'Asie du Sud-Est et d'Amérique latine, sans qu'elle ait pu acquérir la capacité d'innovation technologique et l'autonomie commerciale qui lui auraient permis de réorienter ses atouts à l'exportation. Sans porter de jugement sommaire et dénier toute valeur au «[...]

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Écrit par

  • : directeur de recherche émérite à la Fondation nationale des sciences politiques
  • : professeur des Universités à l'université de Paris-VIII, membre de l'Institut universitaire de France
  • Encyclopædia Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

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Espagne : drapeau - crédits : Encyclopædia Universalis France

Espagne : drapeau

1962 à 1989. De la guerre froide à la détente - crédits : Encyclopædia Universalis France

1962 à 1989. De la guerre froide à la détente

Franco et Juan Carlos, 1974 - crédits : Gianni Ferrari/ Cover/ Getty Images

Franco et Juan Carlos, 1974

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