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Ramadan : comment expliquer l'essor de la pratique ?

Publié le

8 min

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Provenant du podcast

La Question du jour

Par Marguerite Catton

Alors que les musulmans sont appelés dans quelques jours à débuter la période de jeûne du Ramadan, que disent les chiffres sur le développement de cette pratique religieuse ? Comment expliquer qu'elle se développe particulièrement chez les moins de 25 ans aujourd'hui en France ?

Avec

  • Tarik Yildiz

    Sociologue

Ce jeudi 28 février a lieu la Nuit du doute, lors de laquelle sera révélée aux musulmans la date officielle du début de la période du ramadan. Alors que les dernières enquêtes révèlent que les moins de 25 ans seraient la population la plus représentée parmi les pratiquants du ramadan aujourd'hui en France, quels sont les facteurs explicatifs derrière cette pratique des jeunes ? Quelles mutations de la pratique religieuse musulmane en France pouvons-nous observer à travers ce phénomène ?

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Un hausse qui touche les jeunes

Demain marque non seulement le début du mois de mars, mais aussi celui du Ramadan, un mois de jeûne, de prière et de ressourcement spirituel. Cette pratique, qui concerne une large partie des musulmans, semble particulièrement ancrée chez les jeunes générations en France. Selon le sociologue Tarik Yildiz, "on constate une augmentation qui est de l’ordre de quelques points. C’est assez relatif, mais il y a quand même une augmentation au cours de ces 20 à 30 dernières années." Cette dynamique se retrouve aussi dans d’autres pays occidentaux comme l’Allemagne ou la Belgique, bien que dans les pays musulmans, la répartition générationnelle soit légèrement différente. Une enquête de l’IFOP de 2019 révélait que 83 % des musulmans de 15-17 ans en France déclaraient avoir jeûné pendant tout le Ramadan, un chiffre bien supérieur à la moyenne tout âge confondu de 66 %.

À écouter

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Une nouvelle approche du ramadan

Cette pratique semble également marquer un glissement d’un islam de coutume vers une approche plus personnelle et réfléchie."Chez les plus jeunes générations, ça va être des gens qui sont nés en France et qui, finalement, ont créé leur propre culture religieuse", explique Tarik Yildiz. "Évidemment, ils ont un petit peu picoré de ce qu’ils ont vu de leurs parents, mais ils vont développer quelque chose qui s’est formé ici, de manière très spécifique, en regardant leur entourage." Cette évolution est alimentée par l’accès à des ressources variées sur internet et les réseaux sociaux, où de nombreux imams et influenceurs religieux rassemblent d’importantes communautés en ligne. Ce phénomène ne signifie pas un rejet du collectif : au contraire, la pratique du Ramadan renforce souvent le sentiment d’appartenance. " Le fait de respecter des règles, finalement, c’est un ciment assez fort pour un groupe"

Une partique qui diverge selon la catégorie socioprofessionnelle

Enfin, les statistiques montrent que la pratique du Ramadan varie selon la catégorie socioprofessionnelle bien qu’elle ne soit pas nécessairement liée au niveau d’études.  "Pour le niveau de diplôme, le fait d’être très diplômé ne fait pas qu’on pratique moins, au contraire", affirme Tarik Yildiz. En revanche, en fonction du statut professionnel, la tendance diffère :  "Quand on est ouvrier, on est à 68 %. Quand on est artisan, on va être de l’ordre de 73 %. Et puis, quand on est CSP+, on est à 48 %." Cette différence peut être interprétée comme une recherche de repères plus marquée dans certaines catégories sociales. "Dans certaines catégories de la population, on a de plus en plus besoin justement de règles. J’ai le droit de faire ça, j’ai pas le droit de faire ça, etc.", analyse-t-il. Ainsi, le Ramadan demeure une pratique en évolution, à la croisée des dynamiques générationnelles, sociales et culturelles.

À écouter

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30 min

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