Cet article vous est offert
Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous
Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ?

Industrie minière : « L’Etat canadien se donne des airs bonhommes mais couvre une des filières d’activité les plus violentes et polluantes du monde »

L’universitaire québécois Alain Deneault dénonce, dans une tribune au « Monde », des pratiques de censure mais aussi de complicité de la part des autorités gouvernementales au Canada face à l’activité des sociétés minières.

Publié le 26 juin 2019 à 06h00, modifié le 26 juin 2019 à 17h57 Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

« Des formes subtiles de censure continuent de guetter au Canada tout intellectuel qui s’aventure à étudier de près le dossier social et écologique des sociétés minières enregistrées au pays. » Photo : mine d’or de Obuasi dans la région Ashanti au Ghana.

Tribune. Des formes subtiles de censure continuent de guetter au Canada tout intellectuel qui s’aventure à étudier de près le dossier social et écologique des sociétés minières enregistrées dans le pays. C’est une des raisons qui expliquent que le Canada accueille toujours sur son territoire les sièges sociaux et principales filiales d’une majorité de sociétés minières dans le monde.

La pression se fait très grande sur quiconque s’enquiert des façons qu’ont ces firmes de s’enrichir dans ce domaine à l’étranger. L’enjeu est majeur : la législation fédérale et celles des provinces favorisent la mise en valeur des titres boursiers en permettant des formes de publicité sur les gisements plus souples qu’ailleurs. Elles soutiennent également sur un plan fiscal l’achat d’actions à la bourse de Toronto dans le secteur minier, tout en mobilisant elles-mêmes des fonds publics pour s’en porter acquéreurs. Du reste, le réseau diplomatique canadien couvre politiquement à l’étranger toute société minière inscrite au pays.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Le secteur minier, en proie à l’opacité et au lobbying

L’Etat canadien peut ainsi se donner des airs bonhommes sur la scène diplomatique, alors que se dissimulent, derrière sa représentation politique tout en sourire, les entités d’une des filières d’activité les plus violentes et polluantes du monde. L’histoire de la présence canadienne en Tanzanie s’impose comme un exemple de choix. Stephen Kerr et Kelly Holloway du journal étudiant officiel de l’université de Toronto The Varsity, ainsi que le journaliste américain Greg Palast, notamment à partir du travail de l’avocat Tundu Lissu sont difficilement parvenus à se documenter sur un des sites miniers de la Tanzanie, Bulyanhulu, au sujet de l’expropriation en 1996 de milliers de personnes dans des circonstances atroces.

Il vous reste 72.01% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.