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Les artistes ultramarins font entendre leur voix au festival Mois Kréyol : « Trop de programmateurs nous ont enfermés dans une image exotique »

Longtemps isolés de la scène artistique, ces danseurs et chorégraphes travaillent leurs influences culturelles sans se laisser piéger dans le folklore des outre-mer, en affirmant leur signature contemporaine.

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Publié le 14 octobre 2026 à 18h00, modifié hier à 12h56

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« (titre provisoire) », de Johana Malédon, au Beffroi de Montrouge (Hauts-de-Seine), en janvier 2025.

Dix ans ! Dix ans que le festival Mois Kréyol, piloté avec fougue et détermination par la chorégraphe Chantal Loïal, bat le rappel des langues et des cultures créoles. Programmée depuis le 22 septembre jusqu’au 6 décembre, cette édition anniversaire annonce 80 spectacles de danse, de théâtre, de musique, proposés dans une trentaine de villes de métropole, de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane.

En l’espace d’une décennie, les 1 000 spectateurs des débuts sont passés à 15 000, célébrant cette manifestation. « A l’origine, il s’agissait de faire un état des lieux des cultures créolisées trop invisibilisées selon moi, et d’ouvrir de nouvelles pistes pour que les artistes ultramarins soient mieux soutenus dans le paysage culturel français, explique Chantal Loïal. Trop de programmateurs nous ont régulièrement enfermés dans une image exotique. Les choses évoluent, mais lentement. »

Lentement donc, Chantal Loïal, Léo Lérus et Johana Malédon, entre autres, grimpent à l’affiche. Christiane Emmanuel relance la Biennale de danse de Martinique, du 27 au 31 octobre, à Fort-de-France. Ces artistes sont relayés notamment par le réseau de l’Office national de diffusion artistique (ONDA), qui a signé en 2024 une convention triennale avec le ministère des outre-mer visant à « faciliter l’insertion des artistes et professionnels ultramarins trop peu présents sur les scènes dans les réseaux de diffusion ».

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