En mathématiques, l'inégalité d'Hermite–Hadamard, nommé d'après Charles Hermite et Jacques Hadamard, parfois appelée inégalité de Hadamard, donne un encadrement de la moyenne arithmétique d'une fonction. Plus précisément, elle dit que si une fonction f: [a,b] → ℝ est convexe, alors son intégrale est bornée par:
L'inégalité a été essentiellement découverte en 1881 par le mathématicien français Charles Hermite (qui l'avait même annoncée). Cela est toutefois resté inaperçu dans un premier temps, tout comme la publication présentée à ce sujet par Hermite en 1883 dans la revue «Mathesis»[1].
Si la fonction f est convexe sur un intervalle, elle y est continue, mais aussi dérivable à gauche et à droite en chaque point. On note f− et f+ ces dérivées respectivement. Ainsi, pour chaque x0 ∈ [a , b], on peut construire une ligne
telle que
On a, en particulier, pour x0 = a + b/2:
D'autre part, toujours par convexité de f, on a:
Il suffit alors de calculer les intégrales des deux fonctions affines:
En 1883, Hermite[2] applique l'inégalité sur la fonction (convexe stricte) pour :
Ainsi, pour x = 1/n, avec n un entier strictement positif:
On en déduit l'inégalité:
dont on tire:
Cette suite est donc minorée et décroissante, donc converge. En passant à l'exponentielle, on reconnait un résultat fondamental pour établir la formule de Stirling:
Inégalités entre moyennes
En appliquant l'inégalité sur la fonction (convexe) exponentielle pour et :
Certains auteurs désignent l'inégalité d'Hermite-Hadamard sous le nom d'«inégalité de Jensen-Hadamard» , en faisant également référence au mathématicien danoisJohan Ludwig Jensen. En effet, l'estimation supérieure de l'inégalité peut se déduire d'une simple application de la variante continue de l'inégalité de Jensen.
L'inégalité intégrale peut être considérée comme le point de départ de la théorie de Choquet(en)[3]. Dans le cadre de cette théorie, on peut montrer que, dans les conditions décrites dans le théorème de Choquet, une inégalité intégrale analogue s'applique. En particulier, cet analogue est valable pour tout simplexe de dimension n et toute mesure de probabilitéborélienne définie sur [4],[5].
(en) Zoltán Retkes, «An extension of the Hermite–Hadamard Inequality», Acta scientiarum mathematicarum (Szeged), vol.74, , p.95–106.
(en) Mihály Bessenyei, «The Hermite–Hadamard Inequality on Simplices», American Mathematical Monthly, vol.115, , p.339–345.
(en) Flavia-Corina Mitroi et Eleutherius Symeonidis, «The converse of the Hermite-Hadamard inequality on simplices», Expo. Math., vol.30, , p.389–396 (ISSN0723-0869, DOI10.1016/j.exmath.2012.08.011)
(en) Constantin Niculescu et Lars-Erik Persson, Convex Functions and Their Applications: A Contemporary Approach, New York, Springer Verlag, coll.«CMS Books in Mathematics», (ISBN0-387-24300-3, MR2178902)